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L'Afrique est aujourd'hui le continent le plus jeune du monde. Plus de 70 % de sa population a moins de 30 ans et, d'ici 2050, un jeune sur trois dans le monde sera Africain. Cette évolution démographique représente une opportunité historique.
Pourtant, faute de politiques économiques ambitieuses, d'industrialisation et d'investissements suffisants, cette richesse humaine risque de devenir l'une des plus grandes crises sociales et économiques du XXIᵉ siècle.
Chaque année, des millions de jeunes Africain(e)s obtiennent un diplôme universitaire, technique ou professionnel avec l'espoir de construire leur avenir. Beaucoup découvrent rapidement une réalité douloureuse : l'absence d'emplois décents, un marché du travail saturé, une forte précarité et un secteur informel qui absorbe la majorité des actifs.
Cette situation nourrit le découragement, l'exode des compétences, l'immigration irrégulière, l'insécurité et la perte de confiance envers les institutions.
L'enjeu n'est plus seulement de créer des emplois, mais de transformer les économies africaines afin qu'elles puissent offrir des perspectives durables à leur jeunesse.

Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), près de 10 à 12 millions de jeunes Africain(e)s arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que seulement 3 à 4 millions d'emplois formels sont créés. Ce déficit structurel alimente le chômage, le sous-emploi et la précarité.
La Banque africaine de développement estime que la majorité des jeunes actifs travaillent dans le secteur informel, souvent sans contrat, sans protection sociale, avec des revenus instables et de faibles perspectives d'évolution.
Cette réalité est particulièrement difficile pour les jeunes diplômés. Après plusieurs années d'études, beaucoup restent sans emploi pendant de longues périodes ou acceptent des postes très éloignés de leurs qualifications.

Cette question est centrale.
Aucune grande puissance industrielle ne s'est développée sans un accès fiable à l'énergie. Les industries ont besoin d'une alimentation électrique stable pour produire, transformer, conserver, transporter et innover.
Or, selon la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie, près de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne n'ont toujours pas accès à l'électricité. Dans plusieurs pays, les coupures quotidiennes augmentent les coûts de production, découragent les investisseurs et limitent la compétitivité des entreprises.
Sans énergie :
L'accès universel à une électricité fiable, abordable et durable constitue donc une condition indispensable à l'industrialisation.

Dans de nombreux pays africains, obtenir un diplôme ne garantit plus l'accès à un emploi. Les universités forment chaque année des milliers de diplômés, tandis que les économies nationales ne créent pas suffisamment de postes qualifiés.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
Cette fracture entre l'éducation et le marché du travail génère frustration, perte de compétences et gaspillage du capital humain.

Les pays qui ont connu une forte réduction de la pauvreté ont généralement investi dans l'industrie, les infrastructures, l'innovation et la transformation locale de leurs ressources.
L'Afrique exporte encore largement des matières premières non transformées, tandis qu'elle importe des produits manufacturés à forte valeur ajoutée. Cette dépendance limite la création d'emplois qualifiés.
Développer des industries locales dans les secteurs de l'agroalimentaire, du textile, des matériaux de construction, de la pharmacie, des technologies, des énergies renouvelables et de la transformation minière permettrait de créer des millions d'emplois directs et indirects.
L'emploi salarié ne pourra pas, à lui seul, absorber l'arrivée massive des jeunes sur le marché du travail.
Les gouvernements doivent encourager l'entrepreneuriat en facilitant :

L'économie mondiale évolue rapidement sous l'effet du numérique, de l'intelligence artificielle, de la robotique et de la transition écologique.
Les systèmes éducatifs africains doivent préparer les jeunes aux métiers émergents en développant :
Former une jeunesse adaptée aux besoins futurs renforcera la compétitivité du continent.

Face à cette crise, plusieurs priorités s'imposent :


La Fondation Chantal Massembo considère la jeunesse comme la principale richesse de l'Afrique. Elle s'engage à promouvoir une éducation de qualité, l'entrepreneuriat, l'innovation, l'employabilité et le développement de partenariats entre les secteurs public, privé et académique.
Elle soutient une vision dans laquelle chaque jeune peut accéder à une formation adaptée, créer son entreprise ou exercer un emploi digne, sans être contraint à l'exil ou au chômage de longue durée.
Le chômage des jeunes n'est pas une fatalité. Il résulte de choix économiques, d'investissements insuffisants et d'un déficit de transformation industrielle.
L'Afrique possède les ressources naturelles, le capital humain et le potentiel entrepreneurial nécessaires pour devenir un pôle mondial de croissance.
La question fondamentale n'est donc pas de savoir si l'Afrique peut créer des emplois pour sa jeunesse, mais si elle aura le courage de mettre en œuvre les réformes indispensables. Investir dans l'énergie, l'industrie, l'innovation, la formation et l'entrepreneuriat, c'est investir dans la stabilité, la prospérité et la paix.
Une jeunesse qui travaille est une jeunesse qui innove, qui construit et qui donne un avenir à son continent.
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